Comment créer un bonsai à partir d’une graine ?

Publié le : 20/10/2021 14:28:10
Catégories : Techniques bonsai

Comment créer un bonsai à partir d’une graine ?

Beaucoup de débutants dans l’art du bonsai veulent former leurs premiers arbres à partir de semis. Reconnaissons le, cette technique est considérée comme la voie royale pour former des arbres en pot, et si elle a de nombreux avantages, elle n’en reste pas moins longue, très technique, et parfois délicate à mettre en oeuvre. 

Cela fait plus de 30 ans que dans notre pépinière, nous cultivons des arbres pour en faire des bonsais, et beaucoup sont issus de semis. Nous ne nous considérons pas pour autant comme des experts dans ce domaine, mais nous avons une certaine expérience et surtout le recul nécessaire pour vous donner des conseils qui vont vous faire gagner du temps et vous éviter quelques erreurs.

Pourquoi partir d’un semis pour former un bonsai ?

Il y a de nombreuses façon de créer un bonsai. Acheter un plant en jardinerie, faire une marcotte, prélever un arbre dans la nature ne demandent que quelques années de travail pour obtenir un bonsai.

D’autres techniques, telles que le semis ou la bouture, nécessiteront des années de culture et de patience, mais elles ont également des avantages qui permettent de créer de magnifiques bonsais.

Nous allons dans cet article parler des semis, mais la plupart des informations sont également valables si vous désirez partir d’une bouture. Vous évitez simplement l’étape de semis et partez directement d’une plantule.

Pourquoi former un bonsai à partir d’une graine est considéré comme la voie royale du bonsai ? Parce que vous avez un contrôle quasi-total sur tout le développement de l’arbre. C’est vous qui allez décider de la forme du tronc, de la position et de l’orientation des branches, etc.

A l’opposé, lorsque vous partez d’un plant de jardinerie, ou d’un yamadori, vous devez composer avec ce que vous avez. Vous pouvez rarement corriger certains défauts de structure.

Au Japon, certaines pépinières sont spécialisés dans le semis. Elles ne font que ça, et lorsque le plant a commencé à grossir, c’est une nouvelle pépinière qui va prendre le relais, pour l’amener au stade de prébonsai. Ensuite, il y a généralement une troisième pépinière qui va travailler sur l’affinement de l’arbre, et lui donner le statut de bonsai.

Pourquoi une telle segmentation dans le processus de formation ? Parce que chacune de ces étapes est hautement spécialisée et technique, afin d’obtenir des bonsais de grande qualité (capables d’obtenir un prix en exposition).

Ce n’est pas pour autant que vous devez vous décourager. Restez humbles, car pour beaucoup d’entre vous, le bonsai n’est qu'un loisir. Vous ferez certainement des erreurs sur vos premiers semis (et nous en avons fait nous aussi), mais ce n’est pas grave. Vous en garderez quand même la fierté de les avoir faits vous même !

Bien choisir ses graines

Tout commence donc par une graine, que vous pouvez acheter auprès de revendeurs spécialisés ou tout simplement ramasser dans la nature. Pour optimiser vos chances, préférez ramassez les graines à maturité directement sur l’arbre, sur les branches les plus hautes. C’est là que sont les plus vigoureuses.

Récolter des graines pour en faire des bonsais

Un point essentiel à préciser : les graines de bonsai n’existent pas. Ce qui fait un bonsai, ce sont les techniques appliquées et non pas le choix d’une essence particulière qui vous donnera un petit arbre comme par magie.

Lorsque vous faites votre sélection de graines, n’oubliez pas ces 3 points :

  • si l’on peut théoriquement faire un bonsai avec quasiment n’importe quelle plante ligneuse (c’est-à-dire une plante qui fait du bois), dans la pratique certaines sont plus adaptées au bonsai que d’autres. Vous pouvez vous amuser à semer tout ce que vous voulez, mais si vous rechercher à avoir un bon résultat, restez dans le classique ;
  • Il y a également des essences qui ne sont pas faciles à faire germer, et qu’il est plus facile de multiplier par bouture (par exemple le genévrier). D’autres ont une pousse très très lente, et pourront vous faire perdre patience (comme le chêne, le ginkgo biloba) ;
  • Lorsque vous semez une variété greffée, vous retomberez sur la variété souche. De nombreux cultivars d’érables du Japon sont issus de greffe ; en faisant germer leurs graines, vous reviendrez sur l’Acer Palmatum de base.

Pour obtenir de bons résultats, privilégiez les arbres qui poussent à côté de chez vous. Promenez vous en forêt, dans les parcs, regardez ceux qui poussent à l’état naturel ou qui sont utilisés en ornement. C’est ceux-ci qui se développeront le mieux et avec lesquels vous aurez moins de problème de culture.

De façon générale, les conifères sont souvent plus compliqués à faire germer que les feuillus.

Quelles sont les essences qui sont intéressantes à semer pour créer un bonsai ? Il y en a beaucoup. Voici une liste non exhaustive : érables du Japon, érable champêtre, charme, hêtre, aubépine, pyracantha, pommier Everest ou Coccinella, tilleul, micocoulier, chêne pédonculé, etc. Du côté des conifères, les pins (notamment le pin sylvestre) sont les plus faciles.

De la graine au bébé bonsai

La première étape sera de faire germer les graines que vous aurez récupérées.

Quand faut-il semer les graines ? De l’automne au printemps, mais il est important de respecter le cycle de la nature, ou du moins faire comprendre à une graine que c’est le bon moment pour donner naissance à un petit arbre.

Pour faire germer une graine, il est nécessaire de provoquer leur « réveil ». Car vous avez certainement remarqué que les graines tombent au sol à l’automne mais ne germent qu’au printemps. C’est ce que l’on appelle la « période de dormance ».

Comment faire germer des graines d'arbres

Si une graine venait à germer au début de l’hiver, les températures glaciales seraient alors fatales pour le petit plantule qui n’aurait pas accumulé assez de forces de résister.

Pour assurer une bonne germination, il est donc nécessaire de « donner un coup de froid » aux graines, pour leur faire comprendre que c’est l’hiver, puis des températures plus douces. On appelle cela la « stratification ». Pour cela, il y a 2 méthodes :

  1. Semez à l’automne, et laissez vos bacs dehors, en les protégeant des pluies prolongées (préférez un arrosage à la main quand le dessus du substrat est sec). Quand le printemps pointera le bout de son nez, les plantules vont commencer à sortir du substrat ;
  2. Mélangez les graines dans un sachet plastique contenant du sable légèrement humide, et placez le tout pendant 2 mois dans le bac à légumes de votre réfrigérateur. Dès avril, vous pouvez alors isoler les graines du sable et les semer.

Certaines graines demandent également un peu de préparation avant de les semer, notamment celles des arbres à fruits, comme les pommiers (Malus Everest ou Coccinella). Chaque fruit comporte plusieurs graines ; dans la nature, le fruit tombe au sol, se décompose, libérant ainsi les graines.

Nous vous conseillons plutôt d’ouvrir les petites pommes pour en extraire les petites graines qui s’y trouvent. Vous aurez bien plus de chance de les voir germer.

Pour faire vos semis, préparez des bacs dans lesquels vous ne mettrez qu’un seul type d’arbre (pour ne pas les mélanger) :

  1. Sur le fond, mettez une couche de votre substrat bonsai habituel, drainant avec une bonne part de matière organique permettant de retenir l’humidité ;
  2. Placez les graines sur le substrat, en laissant de l’espace entre elles ;
  3. Recouvrez d’une couche de 1 à 2 centimètres substrat plus fin ;
  4. Arrosez en pluie fine pour ne pas déranger le substrat.

Repiquage des semis

Lorsque vos plants ont fait au moins deux paires de feuilles, il est temps de les repiquer dans des petits pots individuels. Si vous continuez à les cultiver dans un bac, les racines vont se mélanger et il deviendra très difficile de les séparer.

Repiquer vos semis d'arbres et les planter dans des petits pots

Il y a une étape essentielle à faire à ce moment : couper la racine pivot. C’est la grosse racine, prolongement du tronc, qui va chercher à s’enfoncer dans le sol pour bien ancrer l’arbre. Or, nous faisons du bonsai, et cette racine pivot ne sert à rien.

Ce que nous voulons, c’est avoir des racines qui partent en étoile autour du tronc. On appelle cela le NEBARI (qui en japonais, signifie littéralement « racines qui s’étalent »).

En coupant le pivot au dessous de petites racines latérales, vous allez stimuler ces dernières, et elles vont prendre le relai. Il est important de ne pas faire cette coupe trop tôt, car s’il n’y a pas d’autres racines que le pivot, le plant aura du mal à survivre.

Utilisez un cutter avec une lame propre, et taillez environ 1 centimètre au dessous des racines latérales. Certains utilisent également de l’hormone de bouturage au niveau de cette coupe, afin de favoriser l’apparition de nouvelles racines.

Certains de vos plants ne vont pas supporter cette coupe du pivot, il est normal d’avoir de la perte. Ceux qui résistent sont les plus vigoureux. N’hésitez donc pas à semer bien plus de graines que nécessaire (au pire, vous pourrez en donner à vos amis !).

Suite au repiquage, conservez vos pots dans une atmosphère humide, sans soleil direct pour éviter la déshydratation.

Taille du pivot et première mise en forme du tronc du futur bonsai

Donner une première forme

Lors du repiquage et de la coupe du pivot, commencez à donner une forme à ce qui deviendra le tronc. Il est encore souple, avec un fil de ligature posé grossièrement (sans serrer), donnez une première courbe près du départ des racines.

Il est toujours plus esthétique d’avoir un tronc qui démarre du sol avec une légère courbure, plutôt qu’un départ droit.

N’oubliez pas que lorsque le plant va grossir, la courbe que vous donnez s’atténuera. Donc n’hésitez pas à faire une ou plusieurs courbes très prononcées.

Si votre objectif est de créer un bonsai dans un style droit (CHOKKAN) ou dans un style « balai » (HOKIDACHI), ce sera l’inverse. Vous utiliserez la ligature pour que le tronc reste rigoureusement droit. Il est important de faire cela lorsque le plant est encore jeune, car dès qu’il commence à grossir et que le tronc a une légère courbe, ce sera impossible à rectifier par la suite.

Durant les semaines suivantes, surveillez la ligature pour ne pas qu’elle s’incruste (c’est aussi pour ça qu’il faut la faire très lache). Dès qu’elle commence à serrer, vous pouvez l’enlever. 

Avoir une idée du bonsai que vous voulez former

Une des difficultés de créer un bonsai à partir d’une graine, est que vous devez avoir une idée plus ou moins précise de la forme que vous voulez obtenir. Bien sûr, vous pouvez laisser pousser et voir dans quelle direction l’arbre va vous mener. Mais partir d’un semis c’est avoir la possibilité de pouvoir guider le plant dans la direction choisie.

Si vous désirez faire une cascade, vous devez dès les premières semaines donner la bonne forme au tronc.

Evidemment, la forme choisie doit se faire dans le respect de l’essence. Une forme en cascade donne rarement de bons résultats avec les érables. Il ne faut pas aller contre la nature, mais guider votre arbre vers une forme qu’il pourrait prendre dans la nature.

Vous devez également savoir quelle sera la hauteur finale de votre bonsai, quelle diamètre de tronc vous voulez obtenir. Ces choix sont déterminants pour les opérations que vous allez effectuer les mois et les années suivantes.

Avoir une idée de ce que l’on veut obtenir n’est pas non plus savoir précisément où vont se situer les branches et comment elles vont être. Créer un bonsai, ce n’est pas faire de la sculpture, et il y a toujours une certaine marge de latitude entre le projet initial et ce vers quoi vous arriverez à mener l’arbre.

Partir de petits plants permet également de former facilement des bonsais multi-troncs, ou des bosquets. Dans ce style, il faut vraiment que les troncs soient fusionnés à la base. Lorsque ce sont encore des plantules, il suffit de les planter l’un contre l’autre, alors que cela devient beaucoup plus compliqué lorsqu’ils sont plus gros.

Ces multi-troncs peuvent également être utilisés dans la création d’une forêt en bonsai. Cela amène une touche esthétique supplémentaire que l’on ne voit que trop rarement. Les plus belles forêts sont souvent celles qui ont été créées avec des arbres issus de semis.

Former le tronc et les branches

Après une année de pousse, vous avez des tas de petits arbres qui ne demandent qu’à être travaillés. Il faut commencer à former le tronc, ainsi que les branches principales (celles qui partent du tronc).

Pour cela, il y a 2 méthodes, et l’une n’est pas meilleure que l’autre, et partagent plusieurs concepts. D’une façon générale, le principe est de laisser pousser pour faire grossir, tailler, laisser pousser, tailler. C’est la technique du clip and grow.

La première méthode est de laisser pousser le tronc, jusqu’à la hauteur voulue. Le tronc, encore frêle, sera progressivement ligaturé au fur et à mesure qu’il pousse, afin de lui donner du mouvement.

Les rameaux qui apparaissent sur le tronc formeront les nouvelles branches, elles doivent elles aussi être ligaturées pour les mettre à l’horizontal et les faire onduler pour donner du mouvement.

Quand le tronc a atteint la bonne hauteur, vous taillez systématiquement la tête afin que la vigueur se reporte sur les branches, qui vont alors se mettre à grossir.

Donner du mouvement au tronc par ligature

Les branches ne seront pas systématiquement taillées une fois arrivée à la longueur souhaitée. Il faut plutôt les laisser pousser pendant toute la saison, puis les raccourcir pendant l’hiver. Si vous taillez tout le temps, vous affaiblissez votre bonsai et il va grossir très lentement. 

Le principe est donc de faire le « clip and grow » uniquement sur les branches.

Cette méthode permet un travail tout en douceur, sans avoir de grosses cicatrices, et donne un résultat très naturel, avec des courbes douces et élégantes. Par contre, le travail de formation est plus long, et ce n’est pas forcément une méthode adaptée si vous souhaitez former un arbre avec un gros tronc trapu. Utilisez-la plutôt pour des bonsais à la forme gracile.

La seconde méthode consiste à faire le « clip and grow » sur le tronc et les branches. Vous laissez pousser le tronc jusqu’à l’a moitié du diamètre souhaité, puis vous le rabattez fortement. Des bourgeons vont apparaitre sur le bois nu. Vous faites une sélection des rameaux pour conserver la futur tête ainsi que quelques futur branches.

Puis vous laissez pousser, le prolongement du tronc et les branches, et vous taillez à nouveau. Ainsi de suite.

Cette méthode fonctionne bien si vous souhaitez obtenir un gros tronc, mais l’essence choisie doit pouvoir rebourgeonner facilement sur le vieux bois. C’est très souvent le cas des feuillus, mais plus rarement des conifères. Si vous coupez le tronc d’un pin sans laisser de tire sève, vous obtiendrez une buche à mettre dans la cheminée.

La technique du clip and grow pour donner de la conicité au tronc et aux branches

Les mouvements obtenus sont beaucoup plus marqués que par la ligature. En effet, vous faites la continuité du tronc ou d’une branche en utilisant un rameau qui n’est pas directement dans le prolongement, mais fait un angle. Avec le temps, celui-ci va s’atténuer mais vous obtenez des ondulations très naturelles.

Le gros inconvénient est cependant que vous allez avoir de grosses cicatrices, qui ne sont pas toujours évidentes à refermer. Cela peut prendre des années.

Il n’y a pas de méthode absolue pour donner une forme au tronc et aux branches. Il faut surtout pratiquer, et parfois faire un mix entre différentes méthodes.

Faut-il cultiver en pleine terre ?

Si vous le laissez dans un petit pot, sa croissance va être limitée. A l’opposé, plus un arbre a de l’espace pour que ses racines se développent, plus il va pousser et grossir. Si votre objectif est de créer un bonsai avec un gros tronc, un passage en pleine terre permet d’aller plus vite. Mais ce n’est pas sans conséquences.

Tout d’abord, précisons qu’il est inutile de mettre vos plants de l’année en terre. Il est préférable de les cultiver au moins 2 ou 3 ans en pot, pour qu’ils prennent de la force. Ce n’est que lorsque le tronc fait au moins 1 centimètre de diamètre que vous pouvez envisager de le cultiver en plein champ.

Profitez-en pour travailler les racines, couper celles qui plongent vers le bas au profit de celles qui poussent à l’horizontal. 

Lors de la première année en pleine terre, vous aurez l’impression que votre arbre ne pousse pas de façon vigoureuse. C’est normal, les racines s’installent. Ce n’est que l’année suivante que vous verrez un développement rapide, avec des branches qui peuvent pousser sur plus d’un mètre de long, et le tronc qui se met à grossir.

Le problème de la culture en pleine terre, c’est que le développement est (trop) rapide. Vous allez avoir de longs entre-noeuds, de grosses racines vont filer dans la terre. Si l’on n’y prend pas garde, on se retrouve vite avec un arbre grossier, des branches disgracieuses qu’il faudra couper (ce qui laissera des cicatrices). 

C’est le prix à payer pour un grossissement rapide du tronc. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

Un bon compromis reste cependant la culture en grand bac, c’est-à-dire un contenant bien plus gros qu’un pot à bonsai, dans lequel votre arbre pourra s’épanouir, mais pas autant que la culture en plein champ.

A la pépinière, certains de nos bonsais ont passé quelques années en terre. Notre objectif était de former un gros tronc, rien de plus. Ensuite, nous les cultivons dans de grands pots afin de former les branches. Les entre-nœuds sont alors plus courts, ce qui permet de créer des mouvements de branche moins grossiers.

Le travail sur le racinaire doit également être régulier. Tous les 2 ou 3 ans, rempotez vos bonsais en taillant les racines qui plongent, raccourcissez celles qui poussent plus à l’horizontal. Ce sont elles qui vont favoriser un élargissement de la base du tronc.

Combien de temps pour faire un bonsai à partir d’une graine ?

Le semis est LA véritable école de patience. N’espérez pas obtenir quelque chose qui ressemble à un bonsai avant 10 ans de bonne culture. Vous avez alors la structure de base ; les tronc et les branches principales ont le diamètre souhaité.

La prochaine étape est celle de l’affinement. C’est elle qui va transformer ce prébonsai en bonsai. Vous allez travailler la ramification, finir de fermer les cicatrices. Il est alors important de cultiver dans une poterie dont la taille sera quasiment celle du pot définitif.

Les rempotages seront plus espacés, il faut que les racines se retrouvent un peu serrées, qu’elles se développent moins vite et se divisent. Ce qui se passe au niveau des racines, se passe au niveau du feuillage. Pour obtenir une fine ramification, il faut avoir beaucoup de petites radicelles (idéalement proches du tronc).

Progressivement, la patine va apparaitre sur l’arbre. L’écorce des pins va se craqueler, celle des érables du Japon va commencer à se griser. Les traces d’intervention de l’Homme vont disparaître.

Cette étape d’affinement est certainement la plus passionnante, et c’est là le véritable travail du bonsaika, qui année après année, fait qu’un bonsai remarquable émerge de l’arbre.

Ainsi, comptez au moins 15 ans pour obtenir un feuillu en bonsai à partir d’une graine (étable du Japon, charme, etc.). Pour les conifères, tels que les pins, c’est encore plus long.

Pour aller plus loin, voir notre article : combien de temps pour faire un bonsai ?

Faut-il faire des semis de bonsai ?

Pour l’amateur qui se lance dans le bonsai, vouloir partir uniquement de semis est une erreur. Pendant 10 ans, il ne va faire que de la culture. Le travail du bonsaika, ce n’est pas uniquement cela. Il vaut mieux faire l’acquisition de quelques bonsais pour apprendre tout de suite les bases de l’entretien et les techniques de mise en forme.

Il faut plutôt voir le semis comme une activité complémentaire ou un amusement sans prétention. Et vous n’imaginez pas tout ce que l’on peut apprendre en cultivant des semis. 

Vous vous dites certainement que vous n’avez pas le temps, que vous êtes trop vieux, que vous ne verrez jamais le bonsai qui va émerger de cette petite graine. 

Prenons les choses à l’envers. Est-ce que vous n’apprécieriez pas qu’un vieux monsieur, qui a semé des graines il y a 15 ou 20 ans, vous en lègue quelques-uns ? Ce qui fait la supériorité du Japon sur l’Europe, c’est qu’ils possèdent des bonsais cultivés depuis des décennies. Si vous ne semer pas pour vous, faites le pour les générations suivantes !